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Le soleil des origines Au moment de lindépendance du Maroc et de lAlgérie, mes parents se sont exilés en France, comme la plupart des pieds-noirs dAfrique du Nord, quittant une terre où ils étaient nés et à laquelle ils avaient le sentiment dappartenir. Depuis, je me suis attachée à Montpellier, ville qui semble avoir inventé le mouvement perpétuel. Jy ai construit dautres racines, même si je considère que les miennes sont avant tout errantes. Entre Camargue et garrigue, bosquet de lavande et embruns salés, grillons et mâts qui sentrechoquent, soleil porté par le souffle du mistral. Dans mon enfance, je ne connaissais le sable de mon désert que lorsque le Sirocco venait le coller aux pare-brise des voitures. |
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A 5 ans, je me souviens |
A 5 ans, impatiente, japprends à lire et à écrire. Cest une découverte miraculeuse. Je passe alors des heures à jouer avec les mots et les lettres et me passionne pour la grammaire. A lécole primaire Mozart , jai la chance davoir un instituteur (Monsieur Bonnet) dont on rêve pour ses enfants, sévère (nous avions tous peur de lui) mais surtout très attentif aux enfants. Cest ainsi quil a décelé mon goût pour lhistoire et mon talent décriture. Il ma encouragée vivement et faisait même apprendre mes poèmes aux autres élèves de la classe ! Jai écrit mon premier roman à 7 ans (trois pages tapées sur la vieille machine à écrire de ma mère !), lhistoire dun papillon qui découvrait le printemps à travers ses rencontres de plantes et de fleurs. Puis vint mon premier roman historique : les aventures dune jeune fille à laube de la révolution française qui quittait sa famille pour sengager dans la lutte aux côtés des sans-culottes. Ma mère me transmet son goût pour lopéra qui est devenu une véritable passion, surtout Mozart, Verdi et Rossini. Encore aujourdhui, jécris en musique. A 11 ans, jai commencé à dévorer la littérature passées les "Fantômette à travers la science-fiction. Van Vogt, Bradbury, Clarke, Sheckley, Brown, Zelazny, ont été mes premiers classiques. Chaque livre était un voyage et je my plongeais avec délice. |
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Plus tard, ce fut le polar, à lancienne, Philip Marlowe ou les Ian Flemming dont mon père raffolait. Jai découvert la vraie littérature au lycée, où je me suis surtout passionnée pour les poètes, Baudelaire, Cocteau, Verlaine, Rimbaud, Prévert. Ce nest quaprès le bac, une fois libérée des contraintes scolaires, que jai apprécié les classiques. Surtout Balzac et Flaubert qui mont appris avec brio à exprimer les émotions des personnages à travers les descriptions des décors. La scène où Madame Bovary est assise sur le banc avec son amant tandis que les buissons soupirent autour deux, cest du Mozart ! Et puis, il y a eu Beaumarchais et Dumas. Coup de foudre pour Beaumarchais,
son personnage dabord. Jai dévoré sa correspondance,
difficile à trouver, et jai adoré lart avec
lequel il se met en scène dans ses pièces. Tour à
tour, Chérubin, Figaro ou Almaviva, il offre toutes ses facettes. Alexandre Dumas fut le meilleur de tous les navigateurs pour moi. Chacun de ses livres est plus quun voyage, une odyssée ! Commencer Les trois mousquetaires en sachant que lon sembarque pour 1500 pages est un vrai délice. On est pressé de finir mais en même temps lon voudrait que cela ne sachève jamais. Son uvre est si inépuisable que je lis pratiquement une dizaine de ses livres chaque année. |
12 ans, et je voulais |
| Au lycée, je monte le journal local en faisant illustrer mes articles par mes copains. | |
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15 ans, et j'en paraissais 18 ! |
Le cinéma de mes nuits Jai monté le film en réel dans ma chambre, traversée de cordes où étaient suspendues les pellicules Super 8. Comme à lépoque je navais aucune idée de la façon dont on faisait techniquement un film, je métais dit que je ferais plus tard la post-synchro, ce qui fut évidemment impossible ! Cela se finit par des intertitres |
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A seize ans, je crée un fanzine de cinéma
et couvre le Festival de Cannes pour la première fois. Avec léquipe
de journalistes (nous étions deux, lui, Fabrice Leclerc, a continué
dans cette voie et travaille actuellement au Film Français),
nous parvenons à obtenir une accréditation et même
à monter les marches ! Je découvre "Belle du seigneur" d'Albert
Cohen. Je le fais partager à mes amies. Nous rêvons toutes
d'appeler un jour notre fils Solal. Nous passons de longues soirées
à nous identifier à Ariane et élaborer des stratégies
amoureuses. Je le relis souvent par la suite, même si certains passages
trop "stylisés" ne parviennent pas à m'enthousiasmer
autant que le reste du livre. Aujourd'hui, mon fils s'appelle Solal. |
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La péniche de la rue des Saints-Pères |
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Toujours plus loin |
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51e festival de Cannes :
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Retour sur terre
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Voyages sur une plume volante Indépendante |
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Après la naissance de mon petit garçon, lassée par la vie parisienne, je quitte Paris avec ma famille pour trouver le calme de la campagne en pays cathare, entre Toulouse et Carcassonne. Au milieu des champs vallonnés et des prés où paissent vaches et moutons, je trouve la sérénité nécessaire à lévasion de lécriture. Je ne me lasse pas des aurores et des crépuscules sur lhorizon. Régulièrement, je continue à prendre de brèves mais indispensables immersions dans les foules parisiennes, où je me recharge de pollution et danimation avant de me retirer dans la quiétude presque irréelle de ma campagne, tandis que la saga de Marco Polo rencontre rapidement un succès international, traduit notamment en Corée, en Chine, en Amérique latine. Poursuivant luvre de mon instituteur, janime des ateliers décriture pour les enfants, de 6 à 11 ans, dans le but de leur transmettre la passion du verbe. C'est une expérience passionnante et émouvante de travailler avec eux, dont l'imagination n'a pas de limites. J'anime également des ateliers pour des adultes romans de vie, plaisir d'écrire. Sollicitée par un compositeur de Barcelone, j'écris les paroles pour un groupe de salsa. Après avoir terminé la suite de Marco Polo, le troisième tome, Le tigre des Mers, je travaille à mon prochain sujet: La Reine de Saba... |